Straßenblockade
Mitten auf der Straße steht eine Traube von Menschen. Einer schwenkt eine weiß-blaue Rautenfahne. Wir steigen aus und werden regelrecht ins Dorf geschoben. Überall fröhliche, schöne Gesichter, traditionell geschminkt, farbenfrohe Kleider, Prinzessinnen, kleine und große… Neben einen Baum wird ein Tanzkreis gebildet. Wir sollen mitmachen. Da hilft keine Grundausbildung in einer deutschen Tanzschule. Im Getrommel und in auffordernden Rufen geht es richtig zur Sache. Tanzfiguren, die wir so nicht hinbekommen. Männer sind Zuschauer. Oder sorgen mit einer kleinen Peitsche für Ordnung, damit sich der Kreis nicht verengt.

Barrage routier
Au milieu de la rue se trouve un groupe de personnes. L’un d’eux agite un drapeau bleu et blanc à losanges. Nous descendons de voiture et sommes littéralement poussés vers le village. Partout, des visages joyeux et radieux, maquillés selon la tradition, des vêtements colorés, des princesses, petites et grandes… Un cercle de danse se forme près d’un arbre. On nous invite à participer. Notre formation de base dans une école de danse allemande ne nous est d’aucune aide. Au son des tambours et des cris d’encouragement, ça commence pour de bon. Des figures de danse que nous n’arrivons pas à reproduire. Les hommes sont spectateurs. Ou veillent à l’ordre à l’aide d’un petit fouet, pour que le cercle ne se resserre pas.
Eine „Konzession“ (umgrenzte Wohnanlage)
Gleich um die Ecke ist die « Konzession » von Demba. Hinter diesen Mauern werden wir ein paar Wochen verbringen: Einzelne ebenerdige Häuser stehen den drei Familien (Dijenaba, Huray, Hapsatou) zur Verfügung. Eines davon wurde für uns geräumt. Wir teilen und Matratzen und Moskitonetze. An den kleinen Fenstern sind Gitter. Daran werden sich später Kinder festhalten um herauszubekommen, wer da mit wem… Immerhin kam der Weisse mit vier Frauen an. Bis zur Schlafenszeit sind es noch einige Stunden. Es werden Matten ausgebreitet, auf denen man es sich mehr oder weniger bequem machen soll.
Une « concession » (habitat)
Juste au coin de la rue se trouve la « concession » de Demba. C’est derrière ces murs que nous allons passer quelques semaines : plusieurs maisons individuelles de plain-pied sont à la disposition des trois familles (Dijenaba, Huray, Hapsatou). L’une d’entre elles a été libérée pour nous. Nous partageons nos matelas et nos moustiquaires. Les petites fenêtres sont munies de barreaux. Plus tard, les enfants s’y agripperont pour découvrir qui est avec qui… Après tout, l’homme blanc est arrivé avec quatre femmes. Il reste encore quelques heures avant l’heure du coucher. On étend des nattes sur lesquelles on est censé s’installer plus ou moins confortablement.
Die Küche
In der Mitte der Konzession steht eine Art Räucherstube. Dort wird gekocht – und zwar reihum, jeden Tag sind eine andere Frau und ihre Mädchen im Einsatz. Reis und Hirse mit Fisch und nur wenig Gemüsen. Uns zu Ehren muß ein junger Stier daran glauben. Eigentlich eine Szene, die mich nicht besonders animiert. Da sind einige Mitreisenden härter gesotten. Blut spritzt nahezu bis in die Kameras. In einer großen runden Schüssel wird serviert, werden die Hände gewaschen und mit der rechte Hand gegessen. Eine besondere Geste ist das Zusammendrücken von Reis und Fisch zu einer handlichen Portion, die den Gästen von der einen Seite der Schüssel zur anderen zugereicht wird.

Cuisine
Au centre de la concession se trouve ma cuisine sur un feux ouvert – cuisiner à tour de rôle : chaque jour, c’est une femme différente et ses filles qui s’en chargent. Du riz et du millet accompagnés de poisson et de très peu de légumes. En notre honneur, un jeune taureau doit y passer. En réalité, c’est une scène qui ne m’enthousiasme pas particulièrement. Mes compagnons de voyage sont plus endurcis que moi. Le sang gicle presque jusqu’aux caméras. On sert dans un grand plat rond, on se lave les mains et on mange avec la main droite. Un geste particulier consiste à presser le riz et le poisson pour former une portion facile à manger, qui est servie aux convives d’un côté à l’autre du plat.
Neue Namen
Die deutschen Namen sind hier Schall und Rauch. Wir werden umgetauft. Mich trifft « Mamadou Ba », die Damen zum Beispiel Katja oder Penda. Bis heute werde ich bei meinen Dorfbesuchen danach gefragt. Der Mamadou ist mir mit wenigen Ausnahmen bis zur Stunde geblieben. Die ganz Jungen unserer Tage haben das neu interpretiert. Vor und hinter mir ruft man mich « Mamadou Toubab ». Toubab, so hießen die weißen Kolonialherren. Erst seit einem Jahr begrüßt mich der engste Kreis mit dem französisierten Vornamen « Frédéric ». Ein kleines Mädchen, dem ich vor einem Jahr gelernt hatte, sich auf Französisch vorzustellen, hält daran fest. Ihr erster Satz: « Je m’appelle Fatou, je suis la fille de Ramata ». Gesprochen und geschrieben: Ich heisse Fatou. Ich bin die Tochter von Ramata. Die Muttersprache ist nämlich Pulaar. Erst in der Schule, wenn man denn eine besucht, wird Französisch, die Amtssprache der ehemaligen Kolonialherren, gelernt. Mehr oder weniger.

On nous rebaptise. On m’a donné « Mamadou Ba », les femmes, par exemple, Katja ou Penda. Encore aujourd’hui, on me le demande quand je me rends au village. À quelques exceptions près, ce « Mamadou » m’est resté jusqu’à présent. Les tout jeunes d’aujourd’hui en ont donné une nouvelle interprétation. Devant et derrière moi, on m’appelle « Mamadou Toubab ». Toubab, c’est ainsi qu’on appelait les colons blancs. Ce n’est que depuis un an que mon entourage le plus proche m’accueille par mon prénom francisé « Frédéric ». Une petite fille à qui j’avais appris, il y a un an, à se présenter en français, s’y tient. Sa première phrase : « Je m’appelle Fatou, je suis la fille de Ramata». La langue maternelle est en effet le pulaar. Ce n’est qu’à l’école, quand on y va, qu’on apprend le français, la langue officielle des anciens colonisateurs. Plus ou moins.

